Un peu d’épaisseur…

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27/07/2013 par Thomas Fiera

Il y a déjà quelques temps, une assez bonne critique du roman « mourir en aout » est parue dans un excellent blog : la bauge littéraire. Je me suis bien gardé d’en parler à l’autre pignouf, Ferrero, mon Watson à moi. Sous le prétexte fallacieux qu’il a écrit ce roman, il s’en prétend l’auteur et s’il lisait ce genre d’encouragement émanant d’un critique, il en deviendrait tout bouffi de vanité, d’outrecuidance et d’autosatisfaction béate. Un vrai petit BHL, une outre pleine de vent. Il est déjà insupportable dans ce que l’on pourrait considérer comme étant son état normal ( ?) mais s’il se met à carburer à l’endorphine narcissique et à sniffer des lignes laudatives il est mûr pour se transformer en un horrible petit germanopratin, un de ces trous du cul littéraires qui ne se grisent qu’en reniflant leurs propres aisselles exsudant le génie !

Bref.

Motus.

Et bouche cousue.

Mais il est néanmoins un point de cette critique que je devrais acheminer jusqu’au fatras qui sert de cerveau à mon pauvre Watson tant il me paraît finement analysé et de nature à notablement améliorer la production littéraire de cette pauvre buse.

L’auteur y remarquait en effet que dans « Mourir en Aout » tous les personnages autres que moi-même étaient un peu trop réduits à leurs « rôles » et qu’il leur manquait ces fêlures, cette épaisseur psychologique qui permettraient de s’y attacher davantage.

C’est ma foi vrai.

Et pourtant, moi qui fréquente assidument Adélaïde, Manu et toute la bande depuis une sacrée paire d’année, je peux vous garantir qu’ils ne manquent ni de fêlures, ni d’épaisseur, ni de toutes ces petites choses singulières qui font de nous tous des pièces uniques, des santons inimitables dans la grande crèche bordélique de l’Univers.

Bon.

Alors il me vient comme ça des tas d’anecdotes ou de détails qui permettront à ce pauvre Watson d’enrichir sa galerie de personnages.

Je vais vous faire ça à la Georges Perec… Enfin disons, façon Pérec. Restons modeste quand même !

Donc…

Je me souviens du jour où j’ai vu Adélaïde pleurer. Oh, trois fois rien. Le quart d’une larme, à peine une buée sur le cristallin. Elle venait d’apprendre qu’une très jeune fille qu’elle avait recueillie dans les rues de Bangui et qu’elle avait en quelque sorte prise sous son aile à distance (bonne famille d’accueil, collège privé…) venait de se faire violer et massacrer par une bande de miliciens en rupture de ban et bourrés jusqu’aux yeux de crack et autres saloperies. Adélaïde a sauté dans le premier avion pour le Centrafrique et n’en est revenue que trois semaines plus tard avec dans les yeux une lueur farouche qui m’a dissuadé de l’interroger sur le motif réel de son voyage.

Je me souviens de Fred Carpenter me lisant avec des érubescences de midinette un poème qu’il avait écrit pour le dixième anniversaire de la mort de Lady Diana. Je me régalais méchamment par avance de l’immonde bouse littéraire que j’allais subir et je fus sidéré par l’incroyable délicatesse de son texte, l’élégance de ses mots, la finesse pudique de ses sentiments. Après me l’avoir lu, il brûla le poème, versa les cendres dans un grand verre de Bourbon qu’il avala d’un trait et passa la soirée à vomir son âme, la tête enfoncée dans la cuvette de mes chiottes.

Je me souviens de Manu, allongée sur mon lit et seulement vêtue d’un rayon de soleil. Elle dort sur le ventre, la tête posée sur ses avant-bras comme une petite fille et son cul impérial est une ode à l’harmonie et une invitation à l’adoration du corps. Elle ronfle.

 https://i2.wp.com/fr.academic.ru/pictures/frwiki/70/Fran%C3%A7ois_Boucher_026.jpg

Je me souviens de Richard en train de se livrer, par ordinateur interposé, à un de ces casses planétaire dont il a le secret. Il venait de violer le secret bancaire d’au moins dix-sept paradis fiscaux et de démêler un inextricable écheveau de sociétés écran et de comptes off-shore, toutes choses qui attireraient sur sa tête quelques nouveaux contrats, quand son téléphone se mit à sonner. C’était sa mère dont il venait d’oublier l’anniversaire. Il passa vingt bonnes minutes à se faire engueuler comme un minot tout en chouinant de laborieuses justifications. Il nous planta au beau milieu de l’opération pour essayer de trouver un fleuriste ouvert à deux heures du matin.

Voilà.

J’en ai encore plein d’autres.

Faut que je raconte ça à ce pauvre Watson.

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2 réflexions sur “Un peu d’épaisseur…

  1. Thomas Galley dit :

    Et voilà, quel plaisir que de voir derrière la façade de ces gais lurons ! Et je ne vous cache pas que l’image de la belle Manue, endormie dans le plus simple apparat, ne me quittera pas de sitôt …

  2. jbferrero dit :

    Ce bon vieux Kant, tout coincé du cul qu’il était, confit en métaphysique et probablement puceau a gravement négligé dans son catalogue des preuves possibles de l’existence de Dieu, celle qui pour moi constituerait la preuve ultime : l’absolue perfection d’un cul de femme. Je ne crois pas en Dieu mais je me prosterne devant cette merveilleuse rotondité sur laquelle nos amoureuses ne dédaignent pas de s’asseoir.

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