TÊTE D’HAINEUX

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13/01/2014 par Thomas Fiera

Tête d’haineux

 

Je sais pas vous, mais pour ma part je suis dramatiquement peu doué pour la haine.

La moquerie j’y excelle, l’ironie vacharde j’assure plutôt pas mal, le foutage de gueule est une de mes spécialités reconnues. Je suis aussi capable d’être indigné, en colère, choqué, révolté. Je peux éprouver de l’animosité envers quelqu’un, de l’irritation, voire du mépris. Mais de la haine ? Vraiment j’ai du mal.

Ou alors il faut que j’imagine un quelconque quidam qui m’attaquerait personnellement, taguerait mon salon, compisserait mes livres, boufferait mes plantes vertes ou tresserait des dreadlocks à mon chat tout en interprétant l’intégrale de l’œuvre de Lara Fabian adaptée pour le ukulele.

Et encore !

Aussi suis-je absolument sidéré quand, au détour de Facebook ou twitter, je tombe sur les propos pleins de haine et de fiel d’un quelconque abruti racistoïde ou fascistoïde que j’imagine bavant ses acides gastriques sur le clavier de son très vieil ordinateur à vapeur.

Comment en est-il arrivé là ? Qu’est-ce qui peut bien justifier que l’on déteste à ce point-là les étrangers, les femmes ou les homosexuels ? Quelles sont les racines de ce qui ne relève plus de la simple bêtise mais s’apparente clairement à de la folie pure et simple ?

Un tel degré de haine appartient au domaine de la psychiatrie.

J’ai été mordu un jour par un cocker, mais je ne projette pas secrètement l’éradication de cette race de chien. A la communale, je me suis fait péter la gueule par un auvergnat et pour autant je n’envisage pas d’interdire la Fourme d’Ambert ou d’obliger les habitants de Clermont-Ferrand à porter sur leurs vêtements un losange bleu (d’auvergne). Je n’ai pas de goût pour la fessée cul-nu et les slips en latex et je n’ai pourtant jamais imaginé de réformer les mœurs des adeptes du SM en leur imposant la lecture des œuvres complètes de Monseigneur Lefebvre et de Frigide Barjot.

Je peux comprendre la bêtise.

Je peux tolérer l’intolérance jusqu’à un certain point.

Je ne peux pas accepter la haine car manifestation de l’instinct de mort, elle n’est que l’ultime étape avant la violence.

Si vous avez l’estomac bien accroché, je ne saurais trop vous inciter à aller contempler l’abime de haine que représentent les pages personnelles de certains de ces grands malades mentaux qui sévissent sur le net. Allez-y, vous serez surpris, sidéré, écœuré.

Si vous imaginez trouver des conneries franchouillardes façon Dupont Lajoie, vous en serez pour vos frais. C’est de meurtre dont on parle là, d’extermination, de zyclon B. Ce ne sont pas de simples blaireaux aigris qui tiennent de tels propos, mais bel et bien de futurs tortionnaires, de futurs gestapistes.

Donnez-leur l’uniforme, les bottes bien astiquées et les armes et vous aurez de nouvelles chemises brunes pressées d’en découdre et de casser des nez, des bras et des vitrines. Ce sont des chiens enragés dont même la bave est toxique.

Et les mous du genou, les bonnes âmes qui me diront que j’exagère et citeront le point Godwin en se croyant malins peuvent toujours se faire greffer une paire de couilles et aller jouer des castagnettes sur une voie de chemin de fer.

Car la principale force de tous ces fous plein de haine est notre propre faiblesse, notre propre incapacité à imaginer le caractère incandescent de leur détestation de tout ce qui est « autre ».

Quoi que vous soyez et qui que vous soyez, si vous n’êtes pas comme eux,  dites-vous bien que pour une raison ou une autre, ces gens vous haïssent. Ils vous haïssent vraiment. Ils veulent vous faire du mal, vous enfoncer des spécialités culinaires Lyonnaises dans tous vos orifices, vous voir morts et pouvoir faire caca sur vos tombes.

Inutile de dire que si vous êtes noir, juif par votre mère, musulman par votre père, plutôt de gauche et homosexuel, il serait judicieux d’éviter de croiser ces individus dans une ruelle déserte ou bien de revoir votre espérance de vie à la baisse.

Mais si vous n’êtes rien de tout cela et que – lâchement soulagé – vous espérez pouvoir vous mettre la tête dans le sable en attendant que ça passe, sachez que votre tour viendra aussi. Juste un peu plus tard.

Car au fond, ce que déteste cette bande de tarés, c’est la vie elle-même. Sa richesse, sa diversité, son inventivité et le joyeux bordel qu’elle sème sur la planète.

La vie est chaude et ils sont glacés.

La vie est belle et ils sont affreux.

La vie est joyeuse et ils sont sinistres.

La vie est vivante et ils sont morts.

S’ils sont pour vous votre pire cauchemar c’est que vous avez déjà un train de retard : ils existent, ils sont là et ils sont prêts.

Pas nous.

 

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2 réflexions sur “TÊTE D’HAINEUX

  1. gogo dit :

    C’est dommage, vous ne comprenez pas vraiment ce qui relève de la haine, de la folie, de l’intolérance et de la psychiatrie.

    « S’ils sont pour vous votre pire cauchemar c’est que vous avez déjà un train de retard : ils existent, ils sont là et ils sont prêts. »

    Il faut accepter, quand on lit cela, et quand on accepte la pertinence des classification de symptômes de la psychiatrie, le fait suivant (et j’ai bien dit « fait »): votre propos relève d’une angoisse, de l’interprétation des intentions d’autrui, et de ce fait de paranoïa, de propos « delirants » au sujet d’un complot inconscient d’abrutis qui vous cerneraient et vous poursuivrait, de sentiment de persécution politique focalisée sur l’extrême droite et la bêtise, et la projection psychologique de bêtise que vous pratiquez sur vos contradicteurs témoigne d’un sentiment de supériorité, voire de mégalomanie.

    Evidemment, ce propos est provocateur. Mais la psychiatrie fonctionne de cette manière, et je doute que ce soit les abrutis fascistoïdes qui soient perçus comme nécessitant des soins, car c’est vous que ces gens rendent malade. Pas l’inverse.

    Par ailleurs, ce que vous devriez percevoir, si vous vous intéressez à la psychiatrie, c’est à quel point les « fascistoïdes » instrumentent les thématiques psychiatriques pour pousser leur vision du monde. Quelques exemples: (1) L’homoparentalité serait mauvaise car elle provoquerait des troubles psychologiques chez les enfants. (2) Les joints sont mauvais, car ils provoquent la « schizophrénie ». (3) La pratique de la prostitution est mauvaise, car elle engendre des dégâts psychologiques. (4) Les propos de gauche sont mauvais car ils temoignent d’une incapacité a affronter le réel. (5) Le bouddhisme aussi, est mauvais, car il justifie le nihilisme et le suicide…. et ceterae.

    Sans compter que l’homosexualité est encore considérée comme une maladie mentale par certains, et qu’être végétarien semble être un état rapproché de troubles alimentaires psychiatrique par d’autres. Sans compter les dérives sectaires (psychiatriques, donc…) qu’on attribue aux ecologistes pour « refus de la science » et « mysticisme de la nature ».

    La psychiatrie s’occupera de ces gens seulement si ils présentent un danger pour autrui. Par contre, un discours comme le votre peut être vu comme témoignant d’un danger pour vous même, car vous seriez susceptible d’entamer un retrait vis-à-vis de la société.

    Le vrai fou, pour la psychiatrie, c’est vous. Et les fascistoïdes ne se gêneront pas pour enfoncer le clou en vous citant:

    « Quoi que vous soyez et qui que vous soyez, si vous n’êtes pas comme eux, dites-vous bien que pour une raison ou une autre, ces gens vous haïssent. Ils vous haïssent vraiment. Ils veulent vous faire du mal, vous enfoncer des spécialités culinaires Lyonnaises dans tous vos orifices, vous voir morts et pouvoir faire caca sur vos tombes. »

    Deux certificats médicaux, qu’ils soient véridiques ou des faux en écritures, et t’es « out ».

    Définitivement.

    • Thomas Fiera dit :

      Tout ceci est passionnant quoiqu’un brin enigmatique… Merci pour la consultation qui confirme mes intuitions quant à mes diverses pathologies et quelques mots de l’ami Lewis pour conclure :  » Mais je n’ai nulle envie d’aller chez les fous », fit remarquer Alice.
      « Oh ! vous ne sauriez faire autrement, dit le Chat : Ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle. »
      « Comment savez-vous que je suis folle ? » demanda Alice.
      « Il faut croire que vous l’êtes, répondit le Chat ; sinon, vous ne seriez pas venue ici. »

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