Thomas Fiera revient (bientôt…)

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20/09/2014 par Thomas Fiera

C’est le week-end, je suis de bonne humeur (si, si, je vous assure, ça m’arrive…) et dans un moment de fugitive bonté que je serai sans doute amené à regretter suite aux manifestation diverses de votre ingratitude sans borne, j’ai décidé de vous offrir en avant-première un court extrait du prochain roman mettant en scène mes aventures. Mon Watson à moi est en train d’y mettre l’avant-dernière main, ça s’appellera « Le fils prodigue » et c’est beau comme du Matteis

Cette scène se déroule au début du roman, quand je me rends à Barcelone pour rencontrer un vieil ami subclaquant qui a réclamé ma présence…

 

Voilà pour vous…

 

L’escalier puait la pisse, le salpêtre, le graillon refroidi et la poubelle fermentée. Le genre d’Hiroshima olfactif qui vous nique les sinus et vous laisse imaginer que des formes de vie inédites grouillent dans les coins sombres, n’attendant que le moment propice pour quitter leurs cachettes et se lancer à l’assaut de l’univers.

La dernière fois que l’on avait ciré les marches ou balayé le palier, Cervantès avait encore ses deux bras et quant aux murs, leur description aurait permis de recycler au prix de gros toutes les métaphores dermatologiques habituelles : lèpre, lupus, eczéma, bubons, pustules, chancre et autres psoriasis purulent. Une véritable orgie pour amateur de croûtes !

Histoire de laisser leur touche personnelle en matière de déco, quelques petits malins avaient cru bon d’en rajouter en ornant ce qui restait de peinture de ravissantes gravures et d’inscriptions poétiques dont l’unique source d’inspiration semblait être la copulation sous toutes ses formes, y compris les plus improbables.

Par ailleurs et de façon assez réitérée, un certain Gomez était invité à se fourrer son engin dans le cul ce qui me sembla à la fois peu réaliste et assez cavalier. Mais après tout, ne connaissant pas ce Gomez, qui étais-je pour en juger ?

Bref.

De cette ambiance raffinée et sophistiquée, on pouvait conclure que mon ami Melchior connaissait des problèmes de trésorerie à partir du 5 du mois.

Du mois d’avant.

 escalier vieux

Je me tapais les trois étages en apnée et c’est au bord de la syncope que j’arrivais devant l’huis de mon vieux pote mourant.

Pour être honnête, si j’avais le palpitant qui battait la chamade, cela n’était pas dû qu’à mon ascension précipitée de l’escalier de la mort puante. Il y a avait là-dessous une sacrée zarzuela d’émotions en tous genres : vieille colère refroidie, trac, curiosité, impatience, et par dessus tout ça la trouille terrible de me retrouver face au visage émacié et au regard égaré de celui qui va mourir.

C’est très gênant ça : le gars sait qu’il va mourir, vous savez qu’il va mourir, il sait que vous savez et vous savez qu’il sait que vous savez et néanmoins tout le monde fait semblant de rien, papote gentiment et reprend du gâteau. On croirait un goûter mondain chez Angélina.

En même temps, faut bien admettre que ce n’est pas un sujet facile à caser dans la conversation. C’est un peu encombrant comme sujet. Un peu lourd. Ça casse l’ambiance.

Enfin bon, je pouvais tergiverser comme ça à me raconter mes conneries jusqu’à plus soif, faudrait quand même que je me décide à toquer contre la porte et à affronter le masque de la mort rouge, verte ou caca d’oie. Alors je toquai.

Toc toc.

Cela produisit autant d’effet qu’un toucher rectal sur la momie de Ramsès II.

Je toquai derechef et après environ deux ou trois ères géologiques je crus percevoir le lent chuintement caractéristique d’une pantoufle agonisante.

Schliff schliff schlifff…

Un bruit de vieux. Un bruit de maladie. Un bruit qui pue la mort, la sueur rance et les draps chiffonnés.

Il y eut un interminable cliquetis de verrous et la porte tourna de façon mélodramatiquement lente sur ses gonds mal huilés. Putain de mise en scène ! On se serait cru dans un film d’horreur des années 50. Un nanar à deux balles.

Mais efficace quand même puisque j’avais les foies comme pas permis et l’envie terrible de m’enfuir à toutes jambes loin de cette putain de porte qui n’en finissait pas de tourner, loin de cette puanteur de cadavre, de ces chaussons diaboliques et de toute cette merde échappée du passé.

Voilà…

Et maintenant, plus qu’à attendre que ça paraisse… dans quelques mois…

Et toc !

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