La crise ? Quelle crise ?

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26/01/2015 par Thomas Fiera

Si vous alliez regarder dans un dictionnaire la définition du mot « crise » vous trouveriez des choses comme ça :

  • Moment très difficile dans la vie de quelqu’un, d’un groupe, dans le déroulement d’une activité, etc. ; période, situation marquée par un trouble profond : Crise de conscience.
  • Rupture d’équilibre entre la production et la consommation, caractérisée par un affaiblissement de la demande, des faillites et le chômage.
  • Manifestation violente d’un état morbide, survenant en pleine santé apparente (crise d’appendicite, crise de goutte, crise d’épilepsie, crise de colique néphrétique, etc.).

Dans tous les cas, on voit bien que ce mot renvoie à une situation brutale, à une rupture, à un « quelque chose » de plutôt limité dans le temps.

En 1929, par exemple, on assiste à un krach boursier assez violent, une bourrasque inattendue, l’explosion d’une bulle qui pousse des financiers à se jeter par les fenêtres et, telle une onde de choc, nécessitera quelques années (et une guerre) pour que l’économie retrouve des couleurs… Quelques années…

Pour ma part, j’ai entendu dire pour la première fois que nous traversions une crise économique en… 1973 ! J’étais tout minot alors et si l’on m’avait dit que 42 ans après on y serait encore, j’aurais peut-être commencé tout de suite à épargner au lieu de claquer mon argent de poche en carambar !

Une crise de 42 ans ce n’est plus une crise ! C’est un état chronique. Imaginez une crise d’éternuement qui durerait 42 ans ! Une crise de fou rire qui durerait 42 ans ! Une crise de priapisme qui durerait 42 ans !

Vous n’imaginez pas ? Moi non plus !

Pour que quoi que ce soit dure 42 ans, il faut un peu plus que du hasard et de la fatalité… Il faut une certaine constance, une certaine suite dans les idées, une certaine organisation. Je ne suis pas adepte de la théorie du complot mais je dois admettre que l’idée m’a souvent effleuré qu’au fond, cette crise économique dont on nous rebat les oreilles à tout bout de champ et qui a fabriqué des générations de salariés dociles et résignés à supporter en silence l’effritement de leur pouvoir d’achat, cette crise donc, était un formidable facteur de stabilisation de la société.

  • Les chômeurs souffrent en silence, car vous ne pouvez pas vous révolter contre une crise. Une crise n’a pas de nom, pas de visage, pas d’adresse.
  • Les salariés souffrent en silence, car ils ne veulent pas aller grossir les rangs des chômeurs.
  • Les classes moyennes, les professions libérales, tous ceux qui « s’en sortent pas trop mal » souffrent en silence car elles culpabilisent presque de pouvoir se payer ce qui fait défaut à tant d’autres.
  • Les jeunes souffrent en silence car quels sont les rêves, les projets qui peuvent se développer dans l’atmosphère raréfiée de la crise ?
  • Les vieux mêmes souffrent en silence car ils ont un peu honte d’avoir connu les 30 glorieuses et de nous faire chier en plombant les comptes de la Secu…

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Les seuls qui ne souffrent pas sont ceux qui en 1929 se balançaient par les fenêtres : les traders, les financiers, les actionnaires, les grands patrons…. En 2015, la seule chose que ces gens balancent par les fenêtres c’est l’argent… L’argent qu’ils gagnent si facilement en ne produisant rien et en parasitant le système qu’ils contribuent à miner.

L’écart entre les revenus du capital et ceux du travail n’ont jamais été aussi importants qu’aujourd’hui et l’on veut nous faire croire qu’il y a une crise ?

De qui se moque-t-on ?

Si la crise était réelle, les riches s’appauvriraient… Ils resteraient riches certes, mais moins…. Or c’est l’inverse qui se produit. Il n’y a jamais eu autant de milliardaires et les richesses qu’ils cumulent sont sans précédent…

Le problème n’est donc pas la crise, mais bel et bien le refus de quelques-uns de partager les richesses. Un refus, fou, irrationnel, obsessionnel qui ferait passer Harpagon pour un altruiste généreux et rêveur.

Et si la crise a eu sans doute une réalité au début, elle constitue surtout aujourd’hui une formidable imposture visant à bâillonner les humaines et naturelles aspirations à une vie meilleure. Cette crise est d’ailleurs elle-même fondée sur une autre imposture qui est la Dette (notez la majuscule !), Sa Majesté la Dette !

La dette ? Une fiction ? J’entends déjà les bonnes âmes qui vont me traiter de dangereux irresponsable et rappeler doctement qu’il faut payer ses dettes et patati et patata…

Certes !

Mais quand un pays, étranglé par le remboursement des intérêts de la dette, ne parvient pas à commencer seulement à rembourser le capital dû, alors qu’en réalité les sommes qu’il a versées correspondent à dix ou vingt fois le montant emprunté, vous n’avez pas l’impression qu’il est un peu en train de se faire enfler ? Et vous avec ?

Du racket ça s’appelle. Le genre de sport auquel se livrent la mafia… et les institutions financières !

C’est avec cette folie boulimique, avec cette oligarchie égoïste, goinfre et avide qu’il faut en finir car ces gens sont aussi fous que des agents pathogènes qui détruisent l’hôte qui les abrite.

Je ne sais pas ce qui sortira de la victoire de Syriza en Grèce et je ne pense pas qu’il s’agira du « Grand Soir ». J’espère en revanche que cet électrochoc salutaire permettra au plus grand nombre d’ouvrir les yeux et de voir que le Roi est nu. Il est temps d’en finir avec ce terrorisme intellectuel de la crise qui mine les solidarités, freinent les innovations et le goût d’entreprendre afin de rebâtir une société où tous ceux qui participent à la création de la richesse peuvent en profiter et où même les plus faibles et les plus démunis pourront se voir secourus sans qu’on leur en fasse grief.

Je suis un rêveur ?

Je ne crois pas.

Ceux qui rêvent sont ceux qui pensent qu’ils vont pouvoir continuer éternellement à se goinfrer en semant autours d’eux l’injustice, le malheur et le désespoir. Ceux-là rêvent et je leur souhaite un réveil brutal !

Et toc !

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5 réflexions sur “La crise ? Quelle crise ?

  1. Désolé de noircir le tableau mais bientôt 58 au compteur et toujours en crise avec moi même contre le système, être non conforme se paie très cher…!!!

  2. J’ai adoré lire votre billet ! Et toc !…ça rejoint ma pensée 🙂

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