Summer blues

7

24/06/2015 par Thomas Fiera

C’est l’été. Il fait chaud, les fenêtres sont ouvertes et une mouche assomme l’après-midi de son bourdonnement entêtant. Je nettoie mon arme, lentement, consciencieusement, comme Adélaïde m’a appris à le faire.

Je m’ennuie.

Une voiture passe, en bas, dans la rue presque déserte en cette période de vacances. Le son est monté progressivement dans les aigus tant qu’elle roulait dans ma direction et redescend dans les graves maintenant qu’elle s’éloigne. L’effet Doppler ça s’appelle et je crois que tout le monde s’en branle.

Moi en tout cas je m’en branle.

C’est juste que je ne peux pas m’empêcher de me souvenir de ça. De ça et de tant d’autres choses que je préfèrerais oublier. Putain de mémoire.

Je pense au passager de cette voiture qui lui aussi croit être un « je ». Qui est le « je » de sa propre histoire ; histoire dont je ne suis même pas un figurant, une silhouette, rien…

Il est dans sa voiture, il roule toujours, emportant avec lui son mystère et cette bulle temporelle qui est son présent et qu’il trimballe partout avec lui.

Et là, moi, dans ma bulle, je réalise qu’un jour c’est la vie tout entière, le monde, la galaxie, l’Univers qui continuera sa route en me laissant derrière, loin derrière.

Tout raide. Tout sec. Tout fini.

Tout seul.

Je regarde mon arme. A l’intérieur du canon de mon arme, ce petit tunnel bleuté d’où pourrait jaillir à trois cent mètres par seconde la solution à tous mes problèmes ou à toutes mes absences de problèmes ce qui, en fait, revient exactement au même.

Une solution en forme d’ogive qui comme dans un vieux film de Méliès, viendrait se loger dans mon œil en faisant beaucoup rire les dames en crinolines et les messieurs en haut de forme. Mais mon cinéma est vide, la dernière séance a eu lieu il y a bien longtemps quand Elle est partie et on parle de le raser pour en faire un parking à souvenirs.

Un petit tunnel bleutée, comme les plumes d’un corbeau, la chevelure d’une andalouse ou les tuiles en ardoise après la pluie.

Un petit tunnel bleutée, comme les plumes d’un corbeau, la chevelure d’une andalouse ou les tuiles en ardoise après la pluie.

Un petit tunnel bleutée, comme les plumes d’un corbeau, la chevelure d’une andalouse ou les tuiles en ardoise après la pluie.

La mouche s’est posée. Quelqu’un part un oiseau solitaire, chante. De la fenêtre me parvient comme une odeur de jasmin.

Je crois que je vais attendre encore un peu.

J’aimerais quand même bien savoir ce que sera demain…

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7 réflexions sur “Summer blues

  1. La solution par l’absurde , pour un hypothétique  » Nirvana « , tu chantes faux …!!!

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Tous ces textes m'appartiennent, vu que je me suis cassé les choses à les écrire. Alors je tiens à prévenir celui qui serait tenté de les détourner sans citer ses sources ou a des fins personnelles qu'il aura la visite d'Adélaïde Renucci. Voilà. Vous êtes prévenus. Non mais !

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