ONFRAY mieux de fermer sa gueule !

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20/11/2015 par Thomas Fiera

 

Je ne suis pas un va-t’en guerre.

Les drapeaux, les hymnes, les discours vibrants devant les monuments aux morts, c’est pas trop ma tasse de kawa même si – bon garçon bien élevé par sa maman – j’évite d’y foutre le bronx par respect élémentaire pour les convictions d’autrui.

De même pour le Talion. Je comprends bien le principe : « tu me choppes une dent, je te mords l’œil ; tu me crèves l’œil, je te pète une boule » mais bon, cette espèce de comptabilité un peu gore et chirurgicale, me laisse rêveur. Trop de nonchalance mentale, de goût à vivre et d’empathie pour avoir la haine tenace ou la rancune mortelle. Chez moi la procrastination l’emporte sur la vendetta.

Enfin et quelle que soit la répulsion que m’inspirent les actes ou les idées de certains de mes contemporains – et je pourrais faire une liste bien plus longue que disons… mon bras ! -, j’ai beaucoup de mal à diaboliser mes adversaires, à les chosifier, les réifier, leur refuser toute forme d’humanité. Ça serait trop simple. Moi, les thèses D’Arendt, la banalité du mal, tout ça… ça me cause plus. Je crois davantage aux salauds qu’aux démons. C’est bien trop commode les démons. Ça nous dédouane de toute responsabilité collective.

Bref.

Vous avez saisi le topo…

Tout ça pour dire que même au sujet de ces résidus de capotes d’enfants de salauds vérolés nourris à la merde de chacal putréfiée que sont ces putains de cafards énurétiques de DAESH, je sais garder un point de vue tout en nuance et conserver ce recul critique qui fait tout le sel de ma conversation.

Mais entre « éviter de diaboliser » et « suçoter le bout du gland », je trouve qu’il y a un peu plus qu’une nuance sémantique.

Surtout pour celui qui suçote.

Pourtant et manifestement, cette nuance a échappé au Marc Levy de la philosophie pour les nuls, le chantre –mou – de l’hédonisme à deux balles, le déboulonneur en chef de tous ceux qui pensent plus haut que lui (et ça fait du monde). J’ai nommé, Monsieur Onfray.

On avait déjà le BHL sur les bras et voilà qu’on a l’Onfray ! Putain ! Moi qui ai connu l’époque du match Sartre-Camus, je me dis qu’il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de la philosophie française ! Entre ces deux Laurel et Hardy de la pensée anémique, on hésite à savoir lequel mérite le plus de tarte dans la gueule et je ne pense pas forcément à des tartes à la crème !

Le pire est que ces deux nazes communicants se tirent la bourre et qu’en bons spécialistes du marketing, ils s’efforcent d’occuper des niches bien spécifiques et si possibles antagonistes. Quand BHL joue au ténébreux aventurier, au chef de guerre romantique, au Byron de sous-préfecture, Onfray – avec sa gueule de chouette méprisante – nous la fait Monsieur Prud’homme, bon gros pépère donneur de leçon, un peu mou, un peu veule et crétinement assuré de la justesse de sa pensée gélatineuse.

Onfray – avec sa gueule de chouette méprisante – nous la fait Monsieur Prud’homme

Onfray – avec sa gueule de chouette méprisante – nous la fait Monsieur Prud’homme

Entendons-nous bien : les deux m’irritent au plus haut point et si je n’avais pas des tas de choses plus urgentes à faire, j’en prendrais bien un pour taper sur l’autre.

Mais quand j’ai lu les propos de Monsieur Onfray, livrés dans une interview, je suis néanmoins tombé sur le cul : « une trêve pourrait être signée entre l’EI et la France pour que son armée dormante sur notre territoire pose les armes.»

Une trêve ?

Avec des gens qui ont organisé, planifié et perpétré les meurtres de dizaines de personnes qui ne demandaient qu’à passer une bonne soirée entre potes ?

On peut aussi leur offrir des petits fours ? Un digestif sans alcool ? Une armée de jeunes vierges en signe de résipiscence ?

Car oui bien sûr, derrière cette idée insensée, cette manifestation délirante du fameux esprit munichois qui a eu les heureux effets que l’on connaît, on trouve un putain de sentiment de culpabilité ! En fait, tout est de notre faute ! C’est bien fait pour nous ! On l’a bien cherché !

Non mais ça va pas la tête ?!

Bien sûr que les dirigeants occidentaux portent une responsabilité dans le merdier qui règne en Lybie, en Irak, en Syrie, etc…

Mais les dirigeants ! Pas les occidentaux dans leur ensemble ! Pas ces pauvres gamins massacrés qui voulaient juste danser et s’amuser.

Et Khadafi ? Sadam Hussein ? El-Assad ? Et toutes cette putain de clique de tyrans ? Ils n’ont pas aussi une part de responsabilité ?

Et l’Arabie Saoudite ? Les émirats ? Les dirigeants Iraniens ? La droite israélienne ?

Et les USA ? La Russie ?

Et ces pauvres et lamentables cons qui ont choisi de se radicaliser et de tirer dans le tas ? Ils n’ont pas leur propre, singulière et irréductible responsabilité ?

Que l’on s’appelle Ravachol, Baader ou Abaaoud, l’assassinat, l’attentat, le meurtre de sang-froid de personnes totalement innocentes ne peut en aucun cas constituer une réponse légitime tant qu’il existe d’autres types de recours.

Proposer une trêve à DAESH c’est sous-entendre que leur cause aurait une quelconque forme de légitimité et que leur combat serait juste, admissible, acceptable.

Le « projet » de DAESH n’est pas une réponse à l’occident, pas plus que le Nazisme n’aurait été une réponse au modèle démocratique.

L’instinct de mort n’est pas une réponse à l’instinct de vie.

Thanatos se moque bien d’Eros et suit son obscur chemin pour des raisons qui lui sont propres.

On ne pactise pas avec Thanatos, monsieur Onfray, on le combat.

Et toc !

 

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14 réflexions sur “ONFRAY mieux de fermer sa gueule !

  1. Virulent, comme souvent, tempéré toutefois par un humour acerbe et un point de vue plus subtil qu’il ne parait de prime abord !

  2. walachniewicz dit :

    Mettez de l’acide dans des nazes communicants
    Qu’est-ce qu’on se marre avant que ça fasse boum !

  3. J’apprécie et j’adhère, mais je tempère
    (et après, j’irai même lire l’article incriminé) : l’énergie de l’objection butte sur ce présupposé suspect : qu’il y aurait en ce bas monde les Gros Vilains susnommés, dictateurs, gouvernements cyniques du Monde Libre, et dans le temps, ce Dark Vador primordial d’Adolf évoqué à plusieurs reprises.
    Et de l’autre côté, Nous, les Gentils passants qui passent, les Z’innocents qui font rien qu’à se faire punir à la place des Vrais Coupables … Et c’est peut-être là que c’est un peu court. En 36, déjà … Un antisémitisme largement dominant dans la sympathique population de l’époque, l’élection dudit Dark Vador, les foules très enthousiastes jusqu’à assez tard dans la dégringolade ne plaident pas en faveur d’une vertu populaire odieusement outragée …
    Tous ces braves gens qui clament leur innocence à travers fêtes et petites vacances : ils les ont élus, les Gros Vilains qui prennent toutes ces décisions pas très respectueuses du Tiers-Monde, et ils les laissent faire, les ré-élisent ; et, pour la plupart, ils n’en ont rien à carrer des problèmes de banlieues de Mohamed (ni de Kevin non plus, évidemment), ils seraient même statistiquement plutôt anti-arabes, anti-musulmans, anti-roms etc, tous ces « innocents ».
    Alors tout ça ne « mérite » évidemment pas la mort. Et l’égoïsme borné des uns ne diminue pas de la moitié d’un iota la stupidité répugnante des autres : il n’y a pas « match nul », dans ce match de nuls, mais ceux qui s’indignent, en se décernant des brevets de vertu, de ce que les spoliés finissent par l’avoir mauvaise et se rebiffent feraient peut-être bien de réfléchir aux causes profondes et complexes, entre deux allumages de bougie, s’ils veulent se mettre à arranger les choses … Non ?
    Plus qu’à maintenant aller voir ce qu’écrit Onfray …

    • Thomas Fiera dit :

      Certes certes. Mais quand bien même serions nous un ramassis de salauds que cela ne justifie pas une seule seconde des actes terroristes. Camus en parle bien plus brillamment que je ne saurais le faire dans sa pièce « les justes.

      • raffin dit :

        Pouvez vous aller lire le texte que vous pretez à Onfray, le citer exactemement et nous dire si vous avez pu vous remettre de votre confusion avec celle que vous fantasmez comme « sa maman », et si cela vous a appris quelque chose sur notre situation au coeur de la propagande du dialogue Valls-Daesch ?

      • Thomas Fiera dit :

        Je veux bien tout ce que vous voulez… Mais pourriez vous être plus clair ?

  4. lolo dit :

    Le style d’écriture est élaboré et piquant comme un plat du Sud-Ouest de la Chine.

    En tant que lecteur et sympathisant de Michel Onfray, je ne vois pas trop ce qu’il y a de scandaleux à dire que la guerre a commencé par l’intervention militaire décidée par nos dirigeants sur l ensemble du Moyen-Orient et du Proche-Orient, qui a fait plusieurs milliers de victimes civils dont vous ne faites pas mention une seule fois dans votre article.

    Il a fallu que ces attentats aient lieu à Paris pour que nous, les civils français, nous puissions subir des revers car nous représentons la dette à payer pour les civils syriens, irakiens, libyens et maliens. Quand on est responsable, on remets chacun chez soi
    , on attaque UNIQUEMENT pour se défendre et on s’occupe de nos problèmes avant de s’occuper de ceux des autres…et de piller leurs ressources au passage. Vive Onfray !

    • Thomas Fiera dit :

      Je ne conteste pas la part de responsabilité de l’Occident et son avidité impérialiste. Je conteste en revanche que Daesh ne soit qu’un simple symptôme ou une simple conséquence. Daesh est comme le Nazisme, une construction idéologique et un véritable projet mortifère et conquérant. Vous trouvez normal que M. Onfray veuille négocier avec eux ? Peut-être eussiez vous trouvé normal de négocier avec les Nazis ? On l’a fait. Â Munich. Et avec quel résultat ? Le repli sur soi ne protège de rien. Même pas de la peur.

      • Astolfi dit :

        Je ne pense qu’Onfray demande une négociation avec Daesch (ça c’est vous qui exprapolez) mais simplement un arrêt des hostilités, ce qui n’est pas tout à fait la même chose!

      • Thomas Fiera dit :

        Pour arrêter les hostilités il faut négocier. Que l’Occident puisse avoir une part de responsabilité dans le développement de Deasch, c’est une évidence. Tout comme de nombreux pays ont pu naguère laisser prospérer le régime nazi. Est-ce une raison pour ne rien faire le jour où l’ampleur du désastre apparaît ? Il est impossible de reconnaître la moindre légitimité à des fous furieux aussi sadiques et suicidaires que Daesh, ou jadis les nazis ou les oustachis.

    • Astolfi dit :

      Je suis aussi un sympathisant de Michel Onfray et suis entièrement d’accord avec vous sauf concernant les victimes de guerre que Michel Onfray (je suppose qu’il a ses sources) évalue à 4 millions de morts depuis la 1ère guerre du Golfe !

  5. Ezzelin dit :

    Article mauvais par essence, une attente afin de pouvoir enfin déverser votre hargne contre les idées de Onfray. Bref l’utilisation d’un événement tragique et d’une phrase sortie du contexte pour faire valoir uniquement un point de vue belliciste. Vous parlez de la philosophie comme si sa structure propre vous appartenait, et qu’il serait de votre devoir de remettre de l’ordre entre ceux qui philosopheraient et ceux qui n’y comprendraient rien. C’est hautain pour ceux qui se réunissent aux cours de l’Université populaire de Caen. Onfray a mis ce projet en place suite à 2002, il n’est pas parfait mais il a le mérite de faire découvrir la philosophie et surtout de donner un fil rouge à ceux n’ayant pu aborder cette « matière » au cours de leur parcours éducatif.
    De plus l’attaque ad hominem sur le physique… vraiment ? Tenter de faire un billet qui se veut acerbe pour l’illustrer par des remarques de cours de récrée ?
    Si vous écoutez, peut être le faites vous en cachette, les cours de l’Université populaire, il y a quelque chose d’assez intéressant, certain des anciens professeurs de Onfray, viennent l’écouter en conférence, des personnes qui ont consacré leur vie à la connaissance, viennent assister à un cour de l’élève ? En tous les cas la qualité de ce billet ne m’incitera sûrement pas à lire les suivants…

    Cordialement.

    • Thomas Fiera dit :

      Le projet d’Onfray était remarquable et son projet d’université populaire avait et â toujours toute mon admiration. Mais Onfray a perdu pied et le sens des réalités. C’est lui aijourd´hui qui est dans le mépris. Et l’ensemble de ses positions sur Daesh sont contestables. Je ne suis pas belliciste. Mais je suis encore moins Munichois.

  6. Tietie007 dit :

    Il faudrait qu’Onfray aille négocier avec Al-Bagdadi …mais avant il faut qu’il révise un peu son histoire …le terrorisme islamique a commencé bien avant l’accession au pouvoir de Bush.

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