Pas de poème pour Ménard !

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02/12/2015 par Thomas Fiera

J’avais fugitivement envisagé d’écrire un poème consacré à Robert Ménard mais devant la profusion de rimes possibles, j’avoue avoir pris peur : cafard, connard, blafard, crevard, bavard, bobard, bâtard, charognard, couard, fuyard, geignard, hagard, mouchard, paniquard, pleurnichard, revanchard, ringard, salopard, roublard et tocard pour n’en donner qu’un mince échantillon…

Ce n’est plus un poème que j’aurais écrit mais une véritable épopée tragi-comique et je ne suis pas sûr que ce tout petit merdaillon bitterois mérite que je lui consacre une telle somme de précieux instants.

C’est vrai quoi ? Ecrirait-on une «Ode au ténia neurasthénique ayant élu domicile dans mon gros intestin » ? Ou bien une « Elégie à l’hexapode nécrophage grouillant sur une charogne » ? Non, n’est-ce pas ? Auriez-vous envie de lire le « Sonnet à l’étron collant incrusté dans ma semelle » ? Ou la « Ballade pour la boulette de mucus collée sur un miroir d’ascenseur » ? Pas davantage !

Il n’y avait donc aucune raison de persévérer dans un projet poétique dont le sujet principal, par le caractère vertigineux de sa nullité abyssale, peut vous filer la gerbe plus sûrement qu’un manège de fête foraine.

Car si Zemmour inspire l’irritation et le gang Le Pen la colère, le brimborion biterrois n’inspire rien, si ce n’est ce genre de légère nausée que peut vous provoquer, par exemple, la vision d’un cheveu gras inconnu au travers de votre œuf au plat.

Robert-Menard

Mais chez ce Gollum de la politique, l’apparence est comme l’enseigne d’une boutique ; elle annonce la couleur.

Goebbels, Himmler, Zemmour, Ménard, c’est drôle comme les propagandistes d’une supposée supériorité de l’homme blanc sur les salauds de métèques sont en général des demi-portions toutes rabougries à qui une gamine de cinq ans anémique pourrait foutre une branlée avec un bras attaché dans le dos.

Ecoutez-le ce minable Ménard avec sa voix de bidet agonisant, couinant contre ces méchants étrangers qui envahissent nos campagnes et appelant au secours Charles Martel. On n’a aucun mal à l’imaginer se réfugiant dans les jupes de son institutrice pour échapper aux garnements qui voulaient lui passer la bite au cirage ou écrivant de poisseuses lettres de délation à la Kommandantur.

On va encore m’accuser de me livrer au délit de faciès, mais que voulez-vous ? Ce mec a une gueule de fourbe à faire cailler le lait frais. A côté de lui, Peter Lorre dans « M le Maudit » ressemble à une publicité pour le baby-sitting.

Il est évident que si ce gars avait l’âme aussi pure qu’une source claire et le cœur aussi généreux qu’un arbre fruitier, il ne me viendrait pas à l’idée de me gausser de son allure de gambas sous-alimentée. Mais chez ce Gollum de la politique, l’apparence est comme l’enseigne d’une boutique ; elle annonce la couleur : ici ignominie et fourberie à tous les étages. Arrivage permanent de bassesses et de vilainies en import direct des enfers.

Vous ne me croyez pas ? Vous pensez que j’abuse et que le parti-pris m’aveugle ? Allez donc fouiner sur le net et vous ne manquerez pas de trouver moult exemples de la pensée moisie du microscopique édile de Béziers : fichage des enfants, volonté d’interdire les kebabs, projet de milice, armement de la police municipale, etc…

Sa dernière trouvaille ? Invoquer les mânes de Charles Martel, doudou fétiche de toute la racaille fascistoïde pour sa prétendue victoire de Poitier qui aurait mis un coup d’arrêt à l’invasion de la Gaule Franque par les arabes. Le plus drôle, c’est que ce charlie marteau (vraiment dingo à en croire les chroniqueurs) aurait – entre autres exploits – foutu le feu à Béziers après l’avoir pillé… Les Biterrois apprécieront !

Pourquoi, me direz-vous, consacrer alors tant de place à ce minus habens, à ce glaviot encostardé, puisqu’il est si insignifiant ?

Et bien parce que tout insignifiant qu’il soit, il n’en est pas moins symptomatique d’une dérive ultra réactionnaire que l’on observe dans l’intelligentsia française et notamment chez certains de ses membres issus de la gauche ou de l’extrême gauche.

Marx disait que l’Histoire se répète, la première fois en drame, la seconde fois en farce. Nous sommes dans la farce et aujourd’hui, Drieu la Rochelle, Brasillach ou Doriot se nomment Zemmour, Soral ou Ménard. Ça sent la fin de stock, les soldes invendus, le vide-grenier idéologique.

Ces pieds-nickelés de la Révolution Nationale, ces branquignoles de la France éternelle, sont dramatiquement pathétiques et aussi crédibles en sauveurs de l’occident menacé que Depardieu en Bernadette Soubirous… Ils sont petits, laids, grimaçants, tout étriqués de la tête et des épaules mais ils n’en sont pas moins dangereux.

Ridicules mais dangereux.

Grotesques mais dangereux.

Crevards mais dangereux.

Pas besoin d’être fort pour être dangereux. Il suffit d’être méchant.

Regardez la tique, le virus ou le bacille de Koch.

Face aux tiques et face aux méchants, il y a deux stratégies possibles.

On les ignore ou on les écrase.

Moi je les écrase.

Et toc !

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15 réflexions sur “Pas de poème pour Ménard !

  1. pimbi64 dit :

    Ouais… Il n’empêche que trop c’est trop et que sous certains aspects il n’a pas tort. Vous vous accommodez peut-être d’une mixité sociale qui se transforme peu à peu en marée montante contre laquelle il est officiellement interdit d’élever la moindre digue. Et bien sachez qu’une telle situation irrite de plus en plus de monde, et que les adversaires de la France selon Mitterrand et Hollande expriment à présent leur profond désaccord avec un principe qui n’est jamais qu’un prétexte pour certains politicards irresponsables à proclamer leur amour d’un humanisme de pacotille. On voit où ce genre de faiblesse peut mener un pays, à la radicalisation des mentalités avec pour horizon plus ou moins proche la généralisation de la xénophobie et de toutes les formes attenantes de racisme. Si c’est cela que l’on veut, alors le premier acte est en cours, et la pièce tout entière ne sera peut-être pas une comédie…

    • Thomas Fiera dit :

      Je suis pour ma part un putain de métèque et fier de l’être. Â ce titre la mixité ne me pose aucun problème. Si cette mixité dérange certains culs pincés, c’est leur problème.
      La vraie difficulté aujourd’hui – et elle n’a rien à voir avec la mixité – est de nature économique et sociale : trop de pauvreté, de paupérisation, de vies sans dignité et sans espoir. Attaquer les étrangers est une habile diversion pour nous faire accepter l’immense recul social qu’a provoqué cette soi disant crise économique.

      • latranchee dit :

        Bien qu’en dehors de « l’Union », je suis une Québécoise de souche. Par conséquent, je revendique to the go le partage dudit titre de noblesse avec monsieur Fiera. Je suis une « putain de métèque » depuis plus de 400 ans.

        Et il en sera ainsi jusqu’à ce que m’allonge mon ultime tapis de poussière.

      • Thomas Fiera dit :

        Bienvenue au club des métèques et fiers de l’être !!!!!

  2. pimbi64 dit :

    Il s’agit moins de culs pincés que de gens qui redoutent une généralisation outrancière d’un phénomène qui divise de plus en plus la société : entre les cités qui sont de véritables oppidums, avec leurs lois propres qui génèrent partout la menace d’une violence latente, et les imams imbéciles qui prêchent à des enfants que l’écoute de la musique transforme en cochon, comment voulez-vous qu’on ne soit pas tenté de réagir, de manière excessive je vous l’accorde, mais si logique finalement.
    Comme dirait l’autre, en matière de mixité sociale comme en toute chose, il ne faut pas dépasser la dose prescrite, sinon l’anarchie a vite fait de transformer un pays en pétaudière.

    • Thomas Fiera dit :

      Le problème est que précisément, il n’y a pas mixité mais au contraire cloisonnement et ghettoïsation.

  3. pimbi64 dit :

    Je suis bien d’accord, tout le mal est là : l’intégration progressive au pays, comme l’on si bien réussie les Italiens, les Espagnols et les Polonais en leur temps, est le paradigme à suivre si on veut éviter que les haines ne se donnent carrière. La fermeté, dans ce cas, est de mise : cet imam-là, pour prêcher ainsi des enfants (des enfants, tout de même !) n’a rien à faire à l’intérieur de nos frontières. Imaginez que son verbiage se généralise : demain des djihadistes iront se faire sauter en pleine salle Wagram sous prétexte que le prophète a interdit la musique !

  4. lolobobo dit :

    c’est domage tu es passé à coté d’une occasion de t’essayer à la poésie Vogon tu aurais sans doute pu ecrire qu’elque chose d’aussi surprenant sue «Florilèges de mes gargouillis dans ma baignoire» dont tu connais les premiers vers :

    «O blas
    bougriot glabouilleux,
    Tes micturations me touchent
    Comme des flatouillis slictueux
    Sur une blotte mouche…»

    D’autant que certains de tes commentateurs auraient sans doute appréciés (bien qu’il semble que certains tiennent plus du hanneton glouton de Tron que du Vogon).

  5. walachniewicz dit :

    je vous aime méchant, vous me faites bien rire et vous avez le sens de la formule. Finalement Ménard je m’en fous, je le connais pas mais vrai de vrai il a une gueule de chiotte ;o)

    • Thomas Fiera dit :

      Tant que nous pourrons rire de tout cela, c’est que la situation n’est pas perdue. 😉

  6. Louisette58 dit :

    c’est vrai qu’ils se ressemblent tous ces petits trou-duc ! Attention Thomas on va vous accuser de délit de faciès 😉 mais que faire quand des jeunes vous rétorquent le plus sérieusement du monde :  » depuis quand voter FN c’est être raciste ? »

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