Soyons fous : soyons nous !

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09/03/2017 par Thomas Fiera

 

Certains jours de déprime, on pourrait avoir l’impression que le monde est en fin de course, qu’épuisé, blasé, lessivé, il finit de dérouler ses pas comme un marathonien groggy qui vacille et extravague, prêt à s’effondrer.

Et certains jours de lucidité, on se dit que cela n’est pas qu’une impression.

Le monde est triste, désespéré et désespérant, privé de perspective, de rêve, d’horizon radieux. Privé d’utopie.

Pourtant, l’intelligence est là, la jeunesse, l’énergie, la bonne volonté et cette formidable capacité de curiosité et d’émerveillement qui nous a tirés de nos cavernes pour nous expédier sur la Lune. Tout est là, n’attendant qu’une étincelle, qu’une aube nouvelle, qu’un souffle frais et salutaire.

Toutes les conditions sont réunies pour, qu’oubliant les vieilles querelles, l’Humanité redresse la tête et reparte vers des lendemains meilleurs.

Et pourtant, que nous proposent tous ces jeunes vieillards qui aux quatre coins du monde aspirent au pouvoir quand ils ne l’ont pas déjà ? De vieilles lunes ! De vieilles recettes ! De vieux remèdes de grand-mère qui vous colleront la chiasse s’ils ne vous tuent pas !

La religion, ce vieux machin poussiéreux, cette collection de fables absurdes, ce brûlot qui a causé tant de guerres, de massacres et d’horreurs ressort de son grenier et prétend à nouveau régenter le monde. Barbus hystériques, cathos coincés du cul, rabbins rétrogrades ou bouddhistes pas si zen que ça… Pensez-vous vraiment que ces vieilles croyances moisies vont redonner au monde le souffle qui lui manque ?

Le nationalisme, ce nanisme mental, cette constipation de l’âme qui n’a que la fermeture et l’exclusion pour credo et qui vénère ces absurdités sans nom que sont les frontières et les drapeaux, essaye de nous faire croire qu’il nous sauvera du chaos quand il nous y précipite tête baissée. Pensez-vous vraiment que dresser des murs jusqu’aux nuages va redonner du sens et de l’espoir à nos vies ?

Le libéralisme sans frein qu’incarne chez nous ce Tartuffe de Fillon ou ce précoce vieillard de Macron et qu’on essaye de nous vendre comme la panacée moderne par excellence, était déjà un vieux rossignol quand Guizot disait « enrichissez-vous » aux bons gros bourgeois que Balzac ou Zola ont si bien dépeints.

Quant au paradis des travailleurs newlook que Mélanchon ou d’autres essayent de nous fourguer, on en connaît l’échec et les limites. La violence des sans-culottes n’est pas révolutionnaire, elle n’est que violence et ne peut déboucher que sur davantage de violence.

Enfin, le fascisme (ce culte du dur) et la socio-démocratie (ce culte du mou) n’incarnent pas davantage la moindre modernité. Ce sont de vieilles soupes rances qui ont déjà et à plusieurs reprises manqué de nous étouffer. Y mettre de l’édulcorant, des colorants ou de l’exhausteur de goût ne changera rien au fait qu’il s’agit là de « bouillons de onze heures » qui nous enverront tout droit au cimetière.

Retrouvons le goût de l’Autre…

Alors que faire ?

Что делать ? comme disait Lénine…

Je ne sais pas. je n’ai pas de solution miracle et il nous faut justement cesser de croire aux solutions miracles et aux docteurs, shamans ou leader maximo tout puissants.

Recommençons à penser par nous-mêmes.

Renonçons à nous faire représenter, à tout instant, par des professionnels de la politique qui ne songent qu’à protéger leur boutique.

Cessons de croire les fumeux experts qui nous culpabilisent en nous disant que nous sommes paresseux, assistés, peu productifs et d’une façon générale indignes de la bonté que nous manifestent les puissants.

Et surtout, surtout, recommençons à croire en nous-mêmes, en notre talent, en notre singularité, en notre capacité de créer, d’innover, d’inventer, de bâtir.

Cessons de voir en l’Autre un problème ou un danger. Abattons les murs, scions les mâts des drapeaux, dissipons les vapeurs d’encens et réapprenons à être ce que nous sommes : des animaux sociaux, empathiques et intelligents.

Soyons humains.

 

Et toc !

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5 réflexions sur “Soyons fous : soyons nous !

  1. pimbi64 dit :

    Tiens, tiens, coïncidence, j’ai écrit un bouquin sur le thème de l’avenir de la civilisation. En trois tomes… si, si… Trois tomes d’un pavé inconcevable qui fait peur, raison pour laquelle on ne le lit pas. Tant pis, c’est pas grave, du moment qu’il a été fait et qu’il existe. Je m’interroge : si ce qui j’ai dit dans ce livre est visionnaire, alors il y a de quoi se faire des cheveux ; bémol, dans un premier temps seulement. Car, à terme, le renouveau est là, et le renouveau, ce sont les générations de demain qui le portent en germe dans leur cœur. J’ai 63 ans mais j’ai deux filleules de 15 et 10 ans, et c’est à elles que je songe : j’aimerais contribuer à leur laisser au moins l’espoir de façonner de nouveaux horizons nettoyés de frais, une Terre propre, des âmes sincères, des sourires spontanés, et toutes les vieilles notions calcifiées qui nous dévorent et nous tuent à petit feu définitivement jetées à la voirie comme de vieilles frusques crasseuses. Mais les crasseux sont encore là, ils tiennent les rênes du monde et ne les lâchent pas : ils mentent, ils volent, ils pillent, ils rançonnent, ils empoisonnent, ils ne vivent que pour eux et jamais pour autrui, ils ne se sont jamais posé d’autres questions que celles qui interrogent la colonne Crédit de leur compte en banque. De plus, les crasseux sentent mauvais, ils puent autant de la gueule que de l’encéphale ; ils véhiculent des idées rances qui accouchent d’opinions avariées. Cerise sur le gâteau, ils sont laids, on dirait que leur âme est sur leur figure. Moi, je tourne mes yeux vers mes deux adorables filleules, et mon cœur fond et saigne en même temps. Il fond, parce que je les aime, il saigne parce que si leur avenir est entre les pattes des saltimbanques de la politique lucrative, il risque fort de n’être pas un avenir, mais un cénotaphe de toutes leurs espérances.

    • Thomas Fiera dit :

      Comme dit le proverbe indien : si une histoire finit mal, c’est qu’elle n’est pas finie.. A nous d’inventer le happy end !

  2. cyril dit :

    ah mais vous nous ressortez le programme de Hollande de 2012 là, non? Aimons-nous les uns les autres.
    J’ai l’impression que vous faites partie de l’intelligentsia qui met le feu aux poudres. Rien ne vous convient, donc rien ne convient. Erreur, rien ne vous convient à vous. Si Le Pen est élue, ce ne sera pas la fin du monde, hélas! Si Mélanchon est élu, il n’y aura pas plus de violence qu’il n’y en a déjà, et si les autres sont élus, rien ne se passera, on continuera à danser sur un fil jusqu’à ce qu’il se rompe ( guerres pour les ressources naturelles telles que l’eau, ou l’alimentation, guerres pour l’énergie…)
    Que l’être humain soit un animal social et intelligent, certes, mais les chiens aussi ont une certaine intelligence, ils ont cependant besoin d’un maître, je pense malheureusement que c’est aussi le cas de la plupart des gens.

    • Thomas Fiera dit :

      Nous ne sommes pas des chiens. Et il n’y a que les cyniques – comme leur nom l’indique – pour penser autrement. Je n’aime pas vos propos et le mépris facile qu’ils véhiculent. Oui, aimons nous les uns les autres… il serait temps.

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