Une plume bien acérée…

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26/04/2017 par Thomas Fiera

Il y a de cela quelques semaines j’ai dû, pour faire plaisir à Ferrero, mon Watson à moi, me farcir le voyage jusqu’au salon du livre de Limoges où je suppose que ce pauvre garçon voulait m’exhiber comme une bête de foire. Moralité je lui ai volé la vedette sur le stand, il a fait la gueule et c’est bien fait pour lui.

Bref.

Mon biographe étant affligé d’un sens des affaires comparable à celui du gars qui voulait vendre des tongs en Alaska, il s’est retrouvé à acheter plus de livres qu’il n’en a vendus et comme il est soi-disant overbooké et qu’il sait que je suis mieux cérébré que lui, il m’a délégué l’insigne honneur de lire ces bouquins et d’en faire la chronique.

Au début j’ai un peu tiré la tronche – faut être honnête – et puis finalement je me suis piqué au jeu parce que je dois admettre que si mon scribe est un vrai bourrin sur bien des aspects, il a plutôt bon goût en matière de livre.

Parmi ses achats figurait un roman qui s’appelle « La plume » et dont la couverture s’ornait d’une charmante jeune femme blonde à l’air inquiet et un peu ironique. Mon Watson à moi avait beau m’affirmer que c’était un bon bouquin, que l’auteur était journaliste, qu’elle était super sympa j’ai eu un gros doute… Tant de charmante blondeur avait dû taper dans l’œil de l’autre fleur de naze et il en avait perdu le sens commun. Je ne vous cache pas que je redoutai l’opus germanopratin autofictionnel et il fallut toute la force de persuasion de mon hagiographe pour que je m’attelle à la lecture de l’engin.

Et là j’ai été bluffé !

Une plume bien acérée…

Un vrai bon bouquin ! Un vrai bon polar ! Un vrai bon livre de vrai bon journaliste !

Je vous déflore pas l’intrigue mais le roman est l’histoire d’une enquête qui tente de comprendre pourquoi un candidat aux présidentielles explose en plein vol alors que tous les espoirs lui étaient permis. Forcément, par les temps qui courent, ça interpelle !

Mais l’intérêt du roman ne doit que très peu à l’effet d’actualité et énormément au talent de son auteur.

Car elle dézingue la miss et avec beaucoup de finesse. Tout y passe : la basse-cour politique, le marigot des renseignements, le miroir aux alouettes de la presse, la versatilité de la foule… Tout ce petit monde ment, triche, complote et joue au billard à douze bandes dans un grand tourbillon de tout à l’ego.

C’est fort bien écrit et Virginie Roels – l’auteur – s’amuse à mélanger les codes de plusieurs genres (polar, espionnage, roman sentimental, roman de mœurs…) pour produire un OVNI littéraire faussement léger en apparence et finalement grave et assez amer.

Pour ceux d’entre vous qui ont lu Heureux les élus et qui connaissent l’amour que je porte aux politiques, vous comprendrez que j’ai aimé ce livre. Bien sûr, Virginie Roels travaille au fleuret et à la dague, quand je préfère le fléau et la masse d’arme, mais à l’arrivée cela reste un sacré jeu de massacre.

Et toc !

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Une réflexion sur “Une plume bien acérée…

  1. louisebelette dit :

    Ca fait envie …

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