Ils ne passeront pas !

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27/04/2017 par Thomas Fiera

On vient tous de quelque part, on a tous une histoire, des souvenirs, des mots qui se sont gravés, des images qui ne s’effaceront pas.

Ces mille et une choses qui nous ont façonnés expliquent largement nos actes, nos choix, nos préférences et nos détestations.

En ce qui me concerne, ce qui a incontestablement contribué à sculpter mon grenier à souvenir c’est le fait d’être un bon vieux métèque du grand Sud, rejeton d’une famille d’espingos au sang vif et à l’honneur sourcilleux et dont la soif de justice n’avait d’égale que leur propension à écluser l’anisette en quantité industrielle.

espingos au sang vif et à l’honneur sourcilleux

Chez nous, les fachos on les bouffait au petit déjeuner, au déjeuner, en tapas et si on avait encore un petit creux au dessert, on pouvait encore s’en taper deux ou trois façon churros.

Rien que le mot « facho » me donne des envies de grimper aux rideaux, de me balancer aux lustres et de donner des coups de pied dans les meubles.

Ces amoureux de la mort et de l’ordre aux cerveaux aussi fermés que leurs culs sont serrés me font le même effet qu’un chiffon rouge à un taureau : je fonce tête baissée.

Ce n’est pas de l’intolérance, c’est de la haine.

Je les hais.

Je les hais car le seul programme, leur seul projet, leur seul désir c’est la mort.

Viva la muerte ! Tel était le cri de ralliement des phalangistes espagnols, les toutous de Franco… Ces braves gens qui faisaient boire de l’huile bouillante aux prisonniers républicains et violaient leurs femmes à coups de bouteilles ébréchées. Viva la muerte, devaient penser les tortionnaires de Pinochet ou les ratonneurs de l’OAS…

La retirada : l’exode des espagnols refusant de vivre dans une Espagne franquiste…

Je ne prétends naturellement pas que les fachos aient eu le monopole de la violence – loin de là – mais il n’y a qu’eux je crois – et aujourd’hui ces fils de chienne de DAESH – pour qui la violence est une fin en soi et pas simplement un moyen, aussi détestable soit-il.

Ce qui est tragique aujourd’hui c’est que beaucoup de français n’ont aucune idée de ce qu’est réellement le fascisme… Pour beaucoup d’entre eux Le Pen c’est Sarkozy en « un peu plus pire »…

Ils ignorent le bruit des bottes, le goût des matraques, l’angoisse de l’humiliation solitaire face à la force brute… Ils ne savent pas ce que c’est d’être confronté à un être qui bande à l’idée de vous faire mal… Ils pensent qu’il suffira de dire pouce pour que tout s’arrête…

Chemises noires italiennes brûlant des livres…

Quand les fascistes ont eu le pouvoir, ils ne l’ont jamais quitté pacifiquement… Et pour eux, le pouvoir est uniquement synonyme de domination et la domination est pour eux uniquement synonyme d’humiliation, de destruction, de mort.

Certains français – se croyant plus malins quand ils ne sont que plus sordides  – se disent qu’au pire cela ne serait pas bien grave, qu’ils ne font pas partie des personnes qui ont à craindre les fascistes. Cela signifie qu’ils ne sont ni arabes, ni noirs, ni juifs, ni homosexuels, ni handicapés trop gravement… Mesquin calcul et de courte vue… Car quand l’ogre fasciste aura fini de dévorer ses victimes de prédilection que croyez-vous qu’il fera ? Une sieste ? Non… Comme tout ogre qui se respecte il finira par dévorer tous ses enfants…

Alors chacun fera ce qu’il voudra et devra s’accommoder ensuite avec les conséquences de ses choix, mais pour ma part il est évident que jamais au grand jamais je ne pourrais faire quoi que ce soit qui puisse laisser la plus petite chance, la plus infime possibilité à ces foutus fachos d’atteindre les marches du pouvoir.

Je vis avec près de moi, un vieux fantôme un peu ronchon qui me sert de conscience

Je vis avec près de moi, un vieux fantôme un peu ronchon qui me sert de conscience. Le fantôme d’un vieil espagnol, idéaliste rêveur, indigné, colérique et malgré tout plein d’un espoir fou. Un fantôme qui ne cesse de me botter le cul quand je suis un peu trop mou, un peu trop tiède, un peu trop gentil, un peu trop bobo, c’est-à-dire presque toujours à ses yeux incandescents…

Mais à ce vieux fantôme je fais encore une fois cette promesse, ne t’inquiètes pas padre : no pasaran.

No pasaran !

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5 réflexions sur “Ils ne passeront pas !

  1. cyril dit :

    Ce billet est quand même meilleur que votre précédent sur le même sujet. Depuis dimanche les fils de commentaires sur médiapart (le seul journal que je lise maintenant) et un fil de haine, de menaces, d’injonctions, et de morale à ceux qui hésitent, uniquement à ceux de gauche qui hésitent, pas à ceux de droite bien sûr, parce qu’on a vu qu’à droite quand on hésite, c’est qu’on hésite à voter Le Pen, pas qu’on hésite à voter Macron.

    Les insoumis, dont je ne fais pas vraiment parti car j’ai rejoins sur le tard la campagne, s’en prenne plein la gueule, vous aussi dans le précédent billet vous n’y êtes pas allé de main morte. On nous traite de fachos, d’irresponsables, de je ne sais quoi… Bref.

    Alors deux ou trois choses.
    La première c’est que l’entre-deux tour dure 15 jours. Si cela peut paraître beaucoup à certains, en fait c’est le temps nécessaire pour que dans un esprit sain un deuil et un revirement des projections sur l’avenir se fasse. Vu que nous ne sommes pas des marionnettes il faut du temps pour faire le grand écart entre Mélenchon et Macron voyez-vous. Peut-être que chez certain cela va plus vite et que chez d’autres c’est plus lent, mais croyez bien que ce processus est considérablement ralenti quand on se fait insulter à longueur de blogs.

    La deuxième chose c’est pourquoi. Pourquoi le FN arrive pour la deuxième fois au second tour de la présidentielle? Alors bien sûr il y a de nombreuses raisons, dont celle des médias. Mais les médias n’ont pas l’air de se rendre compte qu’ils mettent de l’huile sur le feu à longueur de temps vu qu’ils n’explique jamais rien et qu’ils se contentent du sensationnel. C’est un paradoxe, puisqu’on a vu qu’ils sont dirigés et censurés par les grands pontes du capitalisme avec le phénomène Macron, leur joujou, et que le FN au pouvoir serait contre productif pour eux, enfin laissons cela aux journalistes verbeux, ça ne manque pas.
    Non quand je demande pourquoi le FN arrive au second tour, c’est pourquoi presque 8 millions de français votent FN? Ce ne sont pas les fachos que vous décrivez. Bien sûr il y a une poignée d’irréductibles, de cinglés, de malades mentaux qui devrait être surveillés dans des asiles, car comme vous le dites seule la violence et la souffrance d’autrui les fait bander, ce qui est bien une maladie. On sait très bien pourquoi les gens votent FN, parce que seule Marine Le Pen (avant Mélanchon, peut-être que ça changera maintenant) sait parler aux gens disons, comment les qualifier? Aux gens normaux tiens! Oui ils sont normaux! Ne croyez-vous pas que bon nombre d’entre souffrent d’en arriver à voter FN? Entendons-nous bien, je ne dis pas que c’est parce qu’ils souffrent qu’ils votent FN (ça oui, on le sait), je dit qu’il souffrent de devoir voter FN.

    Connaissez-vous le processus qui amène quelqu’un a se suicider? C’est un processus assez long. Parmi toutes les difficultés que rencontre une personne au cours de sa vie, elle imagine un bon nombre de solutions, qu’elle met en place, qu’elle tente avec plus ou moins de succès. Quand les solutions marchent, ça va, mais elles ne marchent pas à tous les coups ou pas assez bien selon la personne, et les difficultés sont toujours là, la personne n’arrive pas à les surmonter. Parmi les solutions qu’elle envisage, un jour apparait le suicide, pas le suicide organisé, avec un plan et tout et tout, non juste une idée en l’air, comme une exaspération : « ah si j’étais morte je ne serais plus emmerdée », un truc dans le genre. Au fil du temps, cette phrase et cette idée reste dans l’esprit de la personne, elle n’y pense pas forcément, mais c’est là. La personne continue de vivre normalement en tentant de surmonter les difficultés de la vie. Les solutions qu’elle met en place ne marchent pas, elle les élimine les unes après les autres, peut-être que d’autres apparaissent, peut-être pas, l’option du suicide n’a pas encre été essayée, on le remarque, on sait que c’est une solution radicale, sans retour (en principe). cette idée devient de plus en plus présente, grossit au point de ne plus permettre à la personne de trouver ou d’imaginer d’autres solutions à ses malheurs (entre temps les difficultés de la vie sont devenues une source de souffrance et de malheur), et puis un jour, il n’y a plus que cette idée qui tourne et qui tourne et c’est le seul moyen de mettre un terme à la souffrance.

    Voilà, ne trouvez-vous pas qu’il y a de nombreux parallèles, de nombreuses ressemblances avec la situation que nous vivons actuellement? Vous imaginez bien qu’une personne qui va mettre fin à ses jours c’est pas marrant pour elle, c’est le moins que l’on puisse dire, d’autant plus que toute la société est là pour la culpabiliser, depuis Jésus jusqu’aux enfants qu’on va laisser orphelins. J’ai toujours été ébahis d’entendre des gens dire qu’il fallait être lâche ou égoïste pour se suicider, ces gens là ont de la chance, ils n’ont jamais eu à combattre cette idée. Croyez-vous qu’une personne qui est sur le point de se suicider se ressaisisse soudainement parce qu’on lui dit qu’elle est lâche et égoïste, ou bien croyez-vous qu’en plus de son désespoir elle parte humiliée et battue? Alors mis de côté la poignée d’imbéciles et de sadiques du FN, je pense qu’il faut un grand courage pour glisser son bulletin FN dans l’urne, qu’il faut vraiment ne plus avoir d’espoir, aucun espoir. De la même manière qu’il faudra un grand courage aux électeurs de gauche pour glisser le bulletin Macron dans l’urne, il leur faudra d’autant plus de courage qu’on ne leur dira pas Bravo!
    Maintenant, les électeurs de la gauche ont eu l’expérience d’être détestés de tous, ils ont été tour tour des utopistes, des staliniens, des irresponsables, des illuminés, enfin j’en passe, ils auront peut-être un peu plus de considération pour les électeurs normaux du FN. Ce serait un premier pas en avant.

    • Thomas Fiera dit :

      Votre métaphore du suicide me semble d’une grande intelligence et donne matière à réflexion. Merci pour cette profonde réflexion qui me parle plus que vous ne sauriez croire…

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