LES CONS NOUS CERNENT !

6

22/11/2017 par Thomas Fiera

Si j’avais l’éternité devant moi, je crois que j’aimerais bien organiser une distribution gratuite de baffes dans la gueule à tous les cons qui encombrent la planète. Le problème c’est que ça ferait une file d’attente qui irait jusqu’à Proxima du Centaure et qu’à la longue, je crains de m’user la peau des mains sans même parler de mes nerfs et de mon sens de l’humour.

Si la fréquentation homéopathique des crétins peut me faire sourire, elle provoque en moi – et dans cet ordre – irritation, colère, rage, déprime et dépression carabinée quand elle devient massive et pluriquotidienne.

En effet, si l’atmosphère et la biosphère sont en train de barrer en couille, la conosphère en revanche ne s’est jamais aussi bien portée. Le connard qui a souvent quelques difficultés à trouver son trou de balle avec une lampe torche, une boussole et une carte d’état-major ne semble en revanche nullement handicapé pour se reproduire si on en croit la multiplication inquiétante des atrophiés du bulbe et ce dans toutes les sphères de la société.

Quelques exemples ?

Luc Ferry étalant sur BFMTV son mépris de classe et le doux friselis de sa tignasse philosophique destinée à masquer le vide sidéral de sa pensée.

Marine Lepen portant plainte pour discrimination contre la Société Générale et HSBC. La pauvre choupette hystérique se sent injustement rejetée par ces organismes bancaires, elle qui n’est qu’amour, tolérance et ouverture au monde.

Quenelleman, l’ex-humoriste mutant et avarié qui réunit des troupeaux de débiles racistoïdes et antisémites pour les abreuver de son fiel et leur soutirer du fric et s’offusque que l’on puisse y voir une relation avec les slogans anti-juifs qui fleurissent sur les murs après son spectacle.

La Trumpette de la mort qui persiste à soutenir un candidat républicain ultra-réactionnaire qui, furieusement distrait ou pathologiquement détraqué, avait tendance à confondre le minou de très jeune filles non consentantes avec sa tirelire personnelle.

Ce qui m’irrite et m’inquiète le plus dans cette floraison conifiante, ce n’est pas l’intensité de la bêtise crasse qu’elle met en lumière – car après tout la stupidité ne date pas d’hier et l’étude du passé pourrait nous en offrir quelques croustillants exemples. Ce qui m’effraie, c’est la parfaite tranquillité avec laquelle cette niaiserie s’étale à la vue, tranquillité que je ne peux m’empêcher d’associer à un sentiment de totale impunité.

LES CONS NOUS CERNENT !

« Je pense n’importe quoi, je dis n’importe quoi, je fais n’importe quoi et je vous emmerde » semblent nous dire l’immense cohorte des abrutis qui, célèbres ou anonymes, polluent si gravement notre atmosphère mentale.

La dématérialisation de la communication y est pour beaucoup.

Naguère, que cela soit dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, au comptoir du café du commerce ou lors d’un repas de famille, le gros con savait, qu’en lâchant une flatulence verbale il s’exposait à ce qu’une bonne vieille mandale vienne effacer le sourire auto-satisfait qui est la marque universelle de la bêtise épaisse.

La perspective de devoir assumer physiquement les conséquences ultimes de sa diarrhée verbale constitue un puissant vaccin contre la bêtise ou tout au moins un astringent efficace. Sur le plan argumentatif, une beigne fignolée ça vous vaut un immodium ou deux smecta.

Mais réfugié à l’abri de la bulle médiatique ou mieux encore, planqué derrière son écran informatique et l’anonymat des réseaux sociaux, le connard se sent pousser des ailes. Vous pouvez toujours le sermonner, le secouer, l’injurier même ! Il s’en fout ! Même pas peur, même pas mal !

J’ai bien tenté naguère de provoquer quelques duels, mais les cons ne sont pas fous et se sont bien gardés de répondre à mes insistantes invitations. Le rendez-vous à l’aube, sur le pré emperlé de rosé ne fait plus recette et à part des engelures et quelques rhumes carabinés, je n’y ai rien attrapé de tangible.

Alors bien sûr, quelques amis sages et pleins de bon sens – vous savez, ces gens ennuyeux et raisonnables qui ne finissent pas toutes les cacahuètes et ne boivent jamais le verre de trop –  me disent que je n’ai qu’à ignorer les cons, que je leur fais trop d’honneur, que je ne fais du mal qu’à moi-même… et bla et bla et bla…

Vous avez déjà réussi à ignorer le zonzonnement lointain mais insistant d’un moustique dans les ténèbres de votre chambre à coucher ?

Moi non.

J’allume, je me lève et une chaussette autour du front façon bandana, je pars en commando search and destroy jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus de l’ignoble Culicadae nématocère qu’une trainée sanguinolente sur le mur blanc.

Et avec les cons, je fais pareil.

Et toc !

Publicités

6 réflexions sur “LES CONS NOUS CERNENT !

  1. Denisss dit :

    Leonard … une bien belle mandale !

  2. cyril dit :

    Je trouve que votre billet manque un peu de sel, de piment et d’acide, bref, en quelque sorte je le trouve fade. Taper sur les cons est un exercice facile depuis Audiard, et je ne ferai pas l’injure de rappeler sa citation à propos des cons.
    Certes, vous évoquez un beau palmarès de cons, mais ce ne sont pas les seuls, et surtout, vous accréditez le fait que l’anonymat des réseaux sociaux démultiplie notre connerie à tous ( ce qui est juste). Mais ceux que vous citez ne sont pas anonymes, loin de là, ils étalent bien grassement leur connerie sur les plateaux radio-télé sans qu’aucun journaliste présent ne trouve rien à redire. Et c’est ça plus que tout autre que je trouve navrant, affligeant, nul et con.
    Ce sont bien les journalistes qui ont laissé la connerie s’insinuer dans le PAF et qui gangrène maintenant la société. Et ne venez pas me dire qu’il y a journaliste et journaliste, certes il y a ces créatures du massemédia qui sont nourries au scoop et à l’audimat et qui croient que la liberté de la presse ça existe (mon dieu, si elle existe, c’est bien parce que la presse n’est pas dangereuse et qu’elle fait bien comme on lui dit de faire), mais elles ne sont pas plus nulles à mes yeux que ces soit-disant journalistes d’opinion et de média libre qui s’embourbent dans leur feuilleton radiophonique pour faire parler d’eux, qui s’insurgent quand on ose les critiquer mais qui sont bien les premiers à trainer les autres dans la boue.
    Donner la liberté d’expression à des journalistes c’est encore plus con que de donner de la confiture à des cochons, après tout, rien ne nous dit que les cochons n’apprécient pas la confitures, mais tout le monde sait que les journalistes n’aiment pas la liberté d’expression quand elle ne leur est pas réservée.

    • Thomas Fiera dit :

      Ce ne sont pas les journalistes qui ont déroulé le tapis rouge. C’est vous, moi, nous tous. En cessant de nous indigner et en adoptant cette pseudo tolérance dont Camus disait qu’elle n’est souvent qu’une forme supérieure d’indifférence.
      Quant à la fadeur de ce texte, je l’admets bien volontiers. J’ai peu pratiqué ces derniers temps et manque un peu d’entraînement.

  3. walachniewicz dit :

    Moi j’aime bien quand même, c’est la campagne qui vous a ramolli ;o)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Rejoignez 2 049 autres abonnés

Stats du Site

  • 159 274 visites

Une radio interdite aux cons !

écoutez la radio des auteurs

Faites gaffe !

Tous ces textes m'appartiennent, vu que je me suis cassé les choses à les écrire. Alors je tiens à prévenir celui qui serait tenté de les détourner sans citer ses sources ou a des fins personnelles qu'il aura la visite d'Adélaïde Renucci. Voilà. Vous êtes prévenus. Non mais !

Vous perdez rien pour attendre.

Le jour où je vais mettre des baffes à tout ce qui bouge17 août 2037
18.2 ans restant(s)

Archives

%d blogueurs aiment cette page :