Une question me ronge…

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15/01/2020 par Thomas Fiera

Parfois, je suis traversé par une idée épouvantable, une idée odieuse, une idée rampante qui revient en douce dès qu’on la chasse, une idée qui ressemble à une petite créature à la fourrure pelée et aux dents pointues : et si on nous prenait pour des cons ?

Et si, en nous racontant qu’il y a dans les nuages un ami invisible qui exige qu’on se coupe le bout du zgeg, qu’on mange du poisson le vendredi ou qu’on évite le jambon, on nous prenait pour des cons ?

Et si, en nous faisant miroiter les lendemains qui chantent et les bilans globalement positifs, en nous faisant gober les purges et les camps de travail, on nous prenait pour des cons ?

Et si, en nous vantant les charmes de la main invisible, les joies de l’autorégulation du marché et la possibilité pour tous de devenir Bill Gates, on nous prenait pour des cons ?

Et si en nous convainquant d’être sages, obéissants, de traverser dans les clous ; d’acheter français ou taïwanais ; de boire du coca, de l’eau de source ou du beaujolais nouveau ; d’être de gauche ; d’être de droite ; d’être ni pour ni contre ; d’être là où nous sommes supposés être et surtout nulle part ailleurs, on nous prenait pour des cons ?

Nous prendrait-on pour des ramollis du bulbe ?

Mais cela serait absolument épouvantable.

Horrible.

Abomifreux !

Cela signifierait que depuis tout petit on nous a pris pour des ramollis du bulbe et nos parents avant nous et les parents de nos parents avant eux et ainsi de suite jusqu’au couple qu’on a expulsé sous le fallacieux prétexte qu’ils avaient bouffé un fruit interdit.

Cela signifierait que nos parents nous ont menti, que l’école nous a menti, et l’église, les journaux, le Parti, les hommes politiques, les agents de police et tous ceux qui depuis toujours nous disent d’attendre sagement à notre place, qu’on va s’occuper de nous dans un instant et qu’il ne faut surtout pas bouger sous peine de foutre un irrémédiable désordre.

Cela signifierait qu’il n’y a pas de paradis et pas d’enfer, pas de lendemains qui chantent, pas d’avenir radieux, pas de land of opportunities, pas de passé nostalgique ou d’avenir enviable…

Juste aujourd’hui, ici, maintenant.

Juste la vie.

Juste l’instant à saisir, l’émotion à ressentir, le fruit à goûter, le risque à prendre, le corps à étreindre et l’air à respirer à pleins poumons.

Dix mille ans à patienter sous un ciel vide, dans une vaste salle d’attente abandonnée… Il serait grand temps, je crois, d’ouvrir la porte en grand, de sortir et de prendre la route qui nous attend, plutôt que celle que l’on nous a imposée.

Et toc !

 

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Faites gaffe !

Tous ces textes m'appartiennent, vu que je me suis cassé les choses à les écrire. Alors je tiens à prévenir celui qui serait tenté de les détourner sans citer ses sources ou a des fins personnelles qu'il aura la visite d'Adélaïde Renucci. Voilà. Vous êtes prévenus. Non mais !

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