Le poids des morts, le choc des fantômes…

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03/09/2015 par Thomas Fiera

Comme sans doute beaucoup de gens aujourd’hui, j’ai deux images dans le ciboulot ; deux images qui se heurtent, s’entrechoquent et court-circuitent mes malheureux neurones déjà pourtant bien grillés.

Le première est celle d’un tout petit garçon, presqu’encore un bébé qui, allongé sur le ventre, sur le sable mouillé d’une plage turque, semblerait presque dormir, faire la sieste. Il a un short bleu, un T-shirt rouge et ses petits cheveux humides sont collés sur sa nuque enfantine comme s’il avait transpiré après avoir trop joué au ballon ou à chat. Mais il ne dort pas, il ne fait pas la sieste et il ne jouera plus jamais à chat, au ballon ou à quoi que ce soit d’autre.

Il est mort.

Mort avant que d’avoir vécu.

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Un ange passe…

L’autre image est celle d’un grand flandrin en costume noir et à chemise blanche qui prend la pose et fronce les sourcils aux côtés des combattants kurdes. Il arbore une mine grave et concentrée, on sent qu’il va prendre une décision d’importance et que le sort du monde va sans doute s’en trouver changé.

La première photo est celle d’un désormais illustre inconnu : Aylan Kurdi.

Nationalité : syrienne ; âge : trois ans ; profession : mort célèbre.

Vivant tout le monde s’en contrefoutait de ce petit bout de chou et mort on aurait probablement continué à s’en contrefoutre si sa photo ne s’était pas imposée à nous, fracassant – pour combien de temps ? – le mur de notre indifférence. Pauvre petit ange ! Il aurait sans doute préféré rester inconnu et continuer à jouer au ballon, à embêter sa sœur et à enfouir son visage dans le cou de sa mère, là où c’est chaud, rassurant et parfumé. Mais quelque chose, quelque part, avait d’autre plan pour lui et le voilà donc pour l’éternité, le nez enfoui dans le sable d’une plage turque, là où c’est froid, angoissant et humide.

Le second cliché est celle d’un illustre connard : Bernard Henri Levy.

Nationalité : Germanopratin ; âge : pas encore assez ; profession : m’as-tu-vu.

Les cons ça ose tout...

Les cons ça ose tout…

Ce lamentable Malraux du pauvre, ce pathétique Camus de supermarché a définitivement sombré dans une espèce d’au-delà du ridicule qui ne fait même plus rire mais le rend haïssable et quasiment gerbatoire. Son outrecuidance snobinarde, sa componction, la fixation narcissique sur son propre trou de balle, tout cela me l’avait déjà rendu détestable depuis bien longtemps et m’avait convaincu, si d’aventure je devais le croiser un jour, de lui balancer à la gueule un bon gros soufflet à lui démonter les cervicales.

Mais la baltringue télévisuelle a fini par croire à sa propre légende, plus rien ne l’arrête et désormais, sans limite, sans honte, sans pudeur, il s’exhibe à la face du monde dans d’indécentes postures de héros salvateur et de géant entouré de nains.

Cette pauvre petite bite qui passe sa vie à se faire entarter et dont la plus grande audace doit consister à prendre le plat du jour à la Closerie des Lilas, a le mauvais goût absolu de venir jouer le bon docteur blanc auprès de peshmergas qui ne l’ont pas attendu pour risquer leurs vies depuis des mois et des années.

 

A quoi peut bien servir la mort d’un petit garçon de trois ans ?

A quoi peut bien servir la vie d’un cuistre indécent ?

Et à quoi peut bien servir ce texte aigre-doux ?

 

A rien, à rien et à rien.

Rien ne sert à rien.

Une bonne tarte dans la gueule !

Une bonne tarte dans la gueule !

Mais même si cela ne sert à rien, mon pauvre BHL, sache que j’ai tout au bout de mon long bras, un bon gros poing plein d’os, de muscles, de tendons et de colère qui, mieux qu’une tarte à la crème ou qu’une turlutte d’Arielle, te défroncera définitivement les sourcils.

 

Et toc !

 

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2 réflexions sur “Le poids des morts, le choc des fantômes…

  1. bah, je n’ai rien à rajouter. Du chagrin, de la colère, comme tout le temps…

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